08 mai 2006

Quasi-vétérans Revanchards

Ces jours-ci sortent le 8ème album de Pearl Jam (l'éponyme "Pearl Jam"),et "Stadium Arcadium" des Red Hot Chili Peppers,double galette de 25 morceaux.Deux efforts qui semblent sonner comme un rappel.J'ai bien dit rappel,et pas réminiscence;au cas où certains me prendraient pour un nostalgique de l'alterno grungy/fusion des années 90,je tiens à préciser qu'il n'y a rien que je n'exècre plus,en matière de rock'n'roll,que les pleurnicheries type "beuuuh les sixties/seventies/eighties (si si,il y en a qui regrettent l'hégémonie de Duran Duran ou de Tears For Fears,voire de (euh...) Talk Talk)/nineties,c'était si bieeeen!Maintenant y'a plus rien!" etc... Rappel,oui.Au vu des premiers tirs,on ne peut que songer à ce parti pris revanchard dans lequel se sont lancés les rescapés de Seattle et la bande de barjos tatoués de Los Angeles. Que dire?A ceux qui n'auraient pas encore eu vent de "Dani California",single malin de Flea & co. matraqué sur les ondes mondiales,voici un bref topo de l'affaire:rythmique malaxant funk ensoleillé et "force tranquille " des presque vétérans Piments,pont mélodique typique des dernières obsessions de Frusciante (pureté beach boys des choeurs,strato sunburst bousillée et noyée dans l'écho cristallin...ce genre de choses),basse slappée,élégante et azimutée. La routine?Sauf que...Là où "Scar Tissue" ou "Zéphyr Song" se la jouaient pépites pop modernes (avec des fortunes variées),"Dani California" surprend par son refrain pilonné,ses intrusions de wah-wah d'un à propos inespéré (surtout si on les compare avec la prétendûment fameuse période "BloodSugarSexMagic",où le son de Frusciante avoisinait plus celui de la cocotte façon 80's que le feeling plombé),et ce gimmick final;ce gimmick,nom de Dieu!Des rugissements fervents comme une strat' n'en avait plus décoché depuis bien des années...Et qu'on ne me ressorte pas la ridicule échappatoire du "Frusciante pompeur du grrraaand Hendrix!" L'expert ès harmonies des Red Hot n'est PAS une pâle copie du métis halluciné;il en est la pure réincarnation moderne,cherchant la texture,sa texture,à coups d'un panel de six-cordes (vintage,of course) plus que conséquent,de refrains passionnés...Un Hendrix émacié,délesté de ses relents hippies...Que demander de plus? Les Red Hot,à nouveau en selle pour écumer vos salles et vos tympans??Sure,dude! Quant à Pearl Jam,un doute subsiste:si "World Wide Suicide" est un véritable morceau de bravoure réactivant l'urgence d'albums comme le "Vitalogy" de 1995 (cafard politisé,assimilation pertinente de l'héritage punk ricain...),et si le timbre Vedderien demeure véloce et toujours aussi inimitable,que reste-t-il de l'exaltation des débuts??Même s'il ne paraissent en rien arriérés,la hype a eu raison de l'engouement pour le cheveu kilométrique,la chemise à carreaux et le songwriting vengeur,fers de lance de Pearl Jam à la déjà lointaine époque de "Ten" (1992)...Nul doute que le groupe explore de nouveaux territoires us rock,mais le public suivra-t-il? Quoi qu'il en soit,une intro aussi étrange que celle de "World Wide Suicide" (qui peut me dire ce dont se sert Vedder pour soutirer pareil son à sa guitare???) rassure amplement sur la créativité pearljamienne et réaffirme ce titre de conscience du rock à l'américaine,que ces roublards grungy ont glané,de concerts charitatifs en engagement politique omniprésent. Come-back de deux bandes de potes devenus parrains (à défaut d'institutions comme cette arthrite sur patte de Keith Richards) d'un rock qui continue son petit bout de chemin,éclopé mais tenant toujours debout...

Pearl Jam 2006: "We blew it"

pearl_jam_20061

Posté par Ramblin Man à 23:11 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Quasi-vétérans Revanchards

    heu...

    je veux pas vous mettre en colère monsieur Ramblin, mais le packaging de l'album de Pearl Jam est hideux

    Posté par Willow, 10 mai 2006 à 20:04 | | Répondre
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